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![]() Avant-propos de Henri Marchal, Conservateur du MAAO Photos de Michel Renaudeau Textes de Pierre Gaudibert, extraits de « Peinture sous verre du Sénégal » de Michel Renaudeau et Michelle Strobel, Paris, Nathan, 1984 et de la thèse de doctorat de 3ème cycle « Contacts de civilisations au Sénégal. Le phénomène de la peinture sous verre » par Marie-Hélène Boisdur-De Toffol, Université de Paris I, 1981-1982 Commissaires de l'exposition : Lucette Albaret, Régine Renaudeau (1987, 16 x 16 cm, 48 p.) | 6,10 € |
![]() Le peintre de « Souwères » et sa technique « Souwères » est la façon sénégalaise, en langage wolof, et plaisante, de rendre le terme habituel, mais ambigu, de « sous-verre ». Pour qui n'est pas prévenu, « sous-verre » évoque une peinture recouverte d'un verre. Or, il n'en n'est rien. Ici, le verre lui-même est peint. il sert de support comme la toile, le bois, le papier ou le parchemin... ; il est à la fois support et couche protectrice de la peinture qui est exécutée au dos (du verre) et donc vue par transparence. Ni couche d'air, ni poussières ne pouvant s'interposer entre le verre et les couleurs, celles-ci acquièrent beaucoup plus d'éclat. Cette peinture, à la fois sur et sous verre demande une technique bien particulière. - L'image doit être peinte inversée puisque le verre est retourné lorsque l'œuvre est achevée. - Elle doit être exécutée à rebours puisque les éléments apparaissant en surface sont les premiers peints et, bien que recouverts par d'autres couches de peinture sont toujours visibles. Cet ordre inversé des couches picturales exclut toute possibilité de retouche et l'œuvre doit être exécutée sans « repentirs ». Etapes successives de la fabrication d'un « souwère » - Selon l'artiste l'œuvre est précédée ou non de l'exécution d'une esquisse au crayon sur papier. L'existence de l'esquisse permet au peintre la reproduction à plusieurs exemplaires, par décalque, de la même composition. - La plaque de verre de 2 ou 3 millimètres d'épaisseur et d'une dimension moyenne de 40 à 60 cm, est préparée : nettoyée, dégraissée, éventuellement badigeonnée d'un fond de gomme arabique pour que la gouache adhère mieux à la surface. - Le dessin est reporté ou directement tracé sur le verre, à la plume ou au pinceau fin, à l'encre ou à la peinture noire, délimitant une résille de surfaces qui seront par la suite colorées. - Signature, inscriptions ou détails, qui sur un autre support sont ajoutés en fin de travail, doivent ici être tracés au début et inversés pour apparaître au premier plan à l'endroit. - Chaque petite surface, cernée du trait noir au dessin, est alors colorée en aplats; l'ordre et l'harmonie de l'œuvre étant donnés non par le modelé, mais par l'assemblage des couleurs. L'artiste sous-verrier rejoint ici les Nabis, le Synthétisme, le Cloisonnisme, et Maurice Denis pour qui l'œuvre d'art peinte est une « surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées » et « une transposition, une caricature, l'équivalent passionné d'une sensation reçue ». - Enfin, une dernière couche de peinture est passée, recouvrant l'ensemble de la plaque de verre : parties restées encore à nu comme celles déjà peintes et sèches, servant ainsi de fond et de couche protectrice au sous-verre. - L'œuvre achevée est adossée sur une plaque de protection, autrefois en bois, maintenant en carton, et lui est fixée par un cadre en bois dans le premier cas, un papier gommé dans le second. Les peintures employées ont varié avec le temps. Les « souwères » les plus anciens sont peints à la gouache, à base de pigments naturels et d'eau ; les « souwères » contemporains avec des peintures d'importation à l'huile, aux pigments synthétiques. | |