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Association pour la Défense Et l'Illustration des Arts d'Afrique et d'Océanie
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Moké-Chéri Samba, peinture populaire congolaise

Les publications de l'ADEIAO

Tarifs au 01/06/2007. Pour commander un ouvrage, n'hésitez pas à nous contacter.

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Moké-Chéri Samba, peinture populaire congolaise
N° 21 - Moké-Chéri Samba, peinture populaire congolaise
Artistes présentés : Moke (Monsengwo Kejwanfi), Chéri Samba (Samba Wa Mbimba N'Zinga Nuni Masi Ndo)
Avant-propos de Lucette Albaret, Présidente de l'ADEIAO
Textes de Antonio Lanzas Gironés, Bogumil Jewsiewicki, Rémy Bazenguissa
(2004, 16 x 16 cm, 40 p.)
8,00 €
Moké-Chéri Samba, peinture populaire congolaise
 

Lors de mes premières visites, Moke me recevait chez lui avec la cérémonie lente d'un gros homme, m'invitait à m'asseoir dans sa modeste maison, m'apportait des tableaux finis pour m'en expliquer le contenu.

Confortablement assis dans son fauteuil, il pointait son index vers une poule ou une pierre que je n'avais pas remarquées dans le tableau. Le moindre détail pouvait déclencher une longue explication. La femme devant la vendeuse discutait le prix de la poule parce qu'elle avait l'intention d'inviter des membres de sa famille arrivés de leur village, mais elle n'avait pas d'argent. Elle en avait demandé à sa tante qui se trouvait elle aussi au second plan du tableau ; celle-ci surveillait la scène dans laquelle on pouvait distinguer une foule d'autres détails : un chien, une vive discussion entre deux personnes dont on se demandait, en les regardant bien, si elles n'allaient pas se battre.

J'ai pu entrer directement dans la cour de terre battue où les tableaux inachevés étaient appuyés sur de grosses pierres difficiles à trouver à Kinshasa. Moke avait dessiné personnages et objets, et ses collaborateurs les coloriaient. Je suis resté longtemps debout avant de prendre la parole. Obéissant à ma formation professionnelle de professeur d'histoire de l'art, j'essayais de lui transmettre mes connaissances. Il m'écoutait attentivement, comme il le faisait avec d'autres conseillers. Mais je suis convaincu que son style était né, évoluait ou grandissait et s'améliorait en lui, libre de toute influence. La conversation, pour lui, était un moyen de connaître les préférences de l'ami client pour les satisfaire.

Il ne fallait pas montrer un excès d'enthousiasme pour un tableau particulier sinon il l'aurait répété, et me l'aurait proposé lors de ma visite suivante. Jamais identique mais très similaire. Cela me rappelle l'anecdote de ce sculpteur qui m'a apporté une belle tête en bois. Lorsque je lui ai demandé une autre pièce, il a reproduit exactement la même. J'ai compris sans me décourager. Je l'ai forcé à changer de thème et il a montré qu'il en était capable. Il a sculpté d'autres pièces mais sans enthousiasme.

Association pour le Développement des Echanges Interculturels au Musée des Arts d'Afrique et d'Océanie