
Tarifs au 01/06/2007. Pour commander un ouvrage, n'hésitez pas à nous contacter.
![]() Avant-propos de Henri Marchal, Conservateur du MAAO Textes de Nicole Boulfroy (Musée de l'Homme), Daniel Coulaud (Service Technique de l'Urbanisme), Michel Doménichini (UNESCO-SOS Musique), Jacques Lombard (ORSTOM), Narivelo Rajaonarimanana (INALCO), Jean-Ainé Rakotoarisoa (Musée de l'Université d'Antananarivo), Pierre Vérin (INALCO) Commissaire de l'exposition : Nicole Boulfroy, assistance technique Musée des arts africains et océaniens (1989, 16 x 16 cm, 64 p.) | 6,10 € |
![]() Une légende de lAnkharatra veut que la fille de Zanahary, la divinité, ait apporté aux hommes le riz directement du ciel. C'est dire à quel point les Malgaches se sentent insulaires et combien le problème de leurs origines les tourmente peu, puisqu'ils ont toujours été là. On dirait que cette énigme des origines n'a été qu'une préoccupation de savants étrangers. En attendant que les archéologues retrouvent dans les dunes du Nord-Est de Madagascar une urne funéraire de la civilisation sud-asiatique de Sa-Huynh ou sous un estran de l'Ouest les vestiges d'un bateau cousu des premiers temps swahilis, il faut rappeler quelques-unes des hypothèses qui sont fondées sur les données de l'anthropologie et de la linguistique. Tous les Malgaches, à l'exception d'un village swahili de Nosy Be et de descendants makoa (du Mozambique) vers Maintirano, parlent une langue indonésienne subdivisée en trois groupes dialectaux : l'Est et le Centre d'abord, l'Ouest et le Sud ensuite, le Nord enfin. Cette langue a été rapprochée par Otto Dahl du Maanjan et du Barito du Sud-Est de l'île de Bornéo, mais selon Adelaar, elle a été aussi influencée par le parler des gens de Java et de Sumatra. En contrepoint à cette relative unité linguistique, il existe une très grande diversité anthropologique : on rencontre sur les Hautes-Terres, surtout dans les groupes Hova de l'Imerina, des types physiques indonésiens purs qui côtoient des types bantous, majoritaires sur le pourtour des côtes. Chez ces derniers ont été rencontrés des cas d'anémie falciforme dont les phénotypes indonésiens sont exempts, mais cette immunité naturelle leur vaut une plus grande vulnérabilité au paludisme. Naturellement, les types physiques intermédiaires sont nombreux et la plupart des auteurs considèrent qu'ils constituent l'essentiel du fond anthropologique malgache actuel. Point n'est besoin d'invoquer, comme l'avait fait Alfred Grandidier, la venue de Mélanésiens pour expliquer ces types intermédiaires Afro-asiatiques. La civilisation malgache est issue d'un kaléidoscope racial et d'une homogénéité linguistique : c'est dire à quel point le brassage culturel a pu transformer les apports initiaux. Sans doute, la culture malgache, à partir de ses composantes initiales, a-t-elle davantage innové que recyclé. | |