
Tarifs au 01/06/2007. Pour commander un ouvrage, n'hésitez pas à nous contacter.
![]() Exposition d'art contemporain organisée par le Ministère de la Coopération et du Développement et présentée par l'ADEIAO Artistes présentés : Edouard Duval-Carrié, Fodé Camara, Philippe Nouaille (1989, 23 x 23 cm, 76 p.) | 7,50 € |
![]() L'histoire de cette exposition a pour origine une idée proposée un peu comme un défi : faire revivre les éléments d'une révolution tropicale à travers la création contemporaine d'une œuvre plastique. Saint-Domingue, aujourd'hui Haïti, St Louis du Sénégal et les Caraïbes ont participé aux mouvements de la Révolution Française. L'abolition de l'esclavage et la reconnaissance de tous les citoyens des colonies sont des principes historiques qui ont préfiguré les grands moments de l'histoire du peuple noir. Le choix du thème était évident et résolument actuel. Fidélité au sujet mais se donner les moyens d'une production contemporaine, telles étaient nos motivations et nos inquiétudes. Dans le cadre de son programme d'échanges culturels et de promotion de l'art contemporain africain, le Ministère de la Coopération et du Développement prenait en charge les dépenses de fonctionnement et de production de ce projet. En décembre 1987, le projet prit forme. Une vaste salle désertée du Musée des Arts Africains et Océaniens se transformaient en un atelier où les trois peintre s'installaient. Fodé Camara, né dans la médina de Dakar, Edouard Duval-Carrié, messager de Port au Prince et Philippe Nouail, lauréat du concours « Inventer 89 », allaient vivre dans ce lieu évocateur, une rencontre et une création commune. Mais ce défi artistique exigeait un respect de la création libre, une discipline quotidienne et une convivialité intelligente. Chaque peintre élaborait, parfois avec timidité, son récit pictural. Sur les mus de l'atelier les toiles laissaient apparaître des personnages étranges : loas du panthéon vaudou haïtien, esclaves tatoués au regard révolté, vieux nègre décoré de signes cabalistiques. L'univers de se petit laboratoire se peuplait d'un monde baroque et sauvage dont les premiers portraits s'observaient et s'interpellaient. La coexistence des peintres, de leurs origines et de leurs cultures, se révélait sur la toile. Des interférences secrètes s'accomplissaient. la tragédie du triangle historique de la Traite s'inscrivait clandestinement dans la trame d'une mise en scène nouvelle plus sereine et dont les acteurs seraient motivés par le seul intérêt de leur imaginaire. Violence de la couleur et du geste, sensualité du paysage tropical, position fantastique des corps meurtris par les bourrasques de l'exode... Camara, Duval-Carrié et Nouail donnent à voir des images qui surprennent, mais qui n'échappent pas au discours conventionnel sur l'art. L'ambition première de ce projet a subi toutes les fluctuations d'une création libre. Les tendances esthétiques les plus différentes ont cohabité au profit d'une cohérence, celle d'une réflexion et d'un travail commun sur l'interprétation d'un même thème. Pour les trois peintres cette expérience est déterminante. Leur devenir en portera la trace. Vivant témoignage d'un parcours dans l'imaginaire et dans le temps, cette exposition voyagera en Afrique, aux Antilles et en France, pour établir des dialogues entre l'artiste et son public. Philippe Garcia de la Rosa | |