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Association pour la Défense Et l'Illustration des Arts d'Afrique et d'Océanie
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Art pour l’Afrique

Les publications de l'ADEIAO

Tarifs au 01/06/2007. Pour commander un ouvrage, n'hésitez pas à nous contacter.

 99,99 €
Art pour l’Afrique
Art pour l’Afrique
Exposition international d'art contemporain organisée par la Worldview International Foundation et présentée par l'ADEIAO, au bénéfice du Fonds International de Développement Agricole
Contributions de Léopold Sédar Senghor, Jacques Meunier, Frédéric Valabrègue, Tchikaya U Tam'si, Paul Claudel (« Connaissance de l'Est », Mercure de France, 1900), Sophie Bessis, Alicia Dujovne Ortiz... et tant d'autres
(1988, 23 x 23 cm, 120 p.)
9,00 €
Art pour l’Afrique
 

Le banquet de charlot Celui qui a eu faim ne l'oubliera jamais. Mémoire physique, hors des mots, aussi difficile à partager qu'à comprendre. La faim ravale l'homme à l'instinct et, de ce fait, frappe doublement ses victimes : elle fait mal, elle fait honte. En cela, la faim des déserts et la faim des villes se ressemblent, elles sont également injustes. Elle vous enlève tous les moyens jusqu'à celui de se révolter. A la faim, il y a au moins deux réponses extrêmes : la satisfaction ou la mort. Rien ne peut se substituer durablement au besoin de manger, ni le rêve ni la volonté. C'est quand la faim devient omniprésente – elle oublie alors de se faire sentir – qu'elle est la plus dangereuse. J'ai croisé des populations affamées qui, progressivement, insensiblement, avaient perdu le goût de vivre...

Il y a un romantisme stupide de la faim. Cette idée, bien ancrée, que la nécessité suscite l'invention. Ainsi, il ne serait de grands artistes que maudits et mal nourris. Leur sensibilité s'aiguiserait dans le manque, catégorie qui hésite entre l'instinct et le désir. L'absence de présence et la présence d'absence ! L'expérience de la faim est alors pensée comme un stade initiatique, une rupture temporaire avec le lien social, un détour obligé – et forcément sublime – par le solipsisme.

« La culture, dit-on, est ce qui reste lorsqu'on a tout oublié ». Jolie formule. Encore ne s'applique-t-elle pas aux peuples que la faim désoriente et désunit. La décrépitude entraîne le degré zéro de la culture.

Rien n'est simple. La faim est aussi capable d'unir les hommes que de les désunir (voyez les Esquimaux qui sont obligés d'être plusieurs pour chasser le même phoque). D'où le paradoxe : ici l'urgence pratique implique la solidarité, là, elle provoque l'implosion. Malheureusement, la réponse ne dépend pas uniquement de la capacité des hommes à se mobiliser, à faire face, car les conditions objectives varient. Les famines se forment comme les congères et – à cause des paramètres multiples – personne ne sait en fait maîtriser les lois. Pour diminuer les risques, il faudrait élargir la solidarité locale, ponctuelle, à une solidarité généralisée...

Association pour le Développement des Echanges Interculturels au Musée des Arts d'Afrique et d'Océanie