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ADEIAO 1984-2007 En près de 25 ans d'existence, l'ADEIAO a eu deux vies durant lesquelles elle a toujours maintenu l'essentiel de sa vocation inscrite dans ses statuts, à savoir, son soutien inconditionnel à l'art africain contemporain. De 1984 à 1996, elle fut Association pour le Développement des Echanges Interculturels au Musée des arts d'Afrique et d'Océanie. A partir de 1996, elle devint Association pour la Défense Et l'Illustration des arts d'Afrique et d'Océanie (date officielle du changement de lecture du sigle : 2003). Entre les deux, une cassure douloureuse due à des événements extérieurs dont le plus déterminant fut la fermeture du Musée des Arts d'Afrique et d'Océanie. L'ADEIAO est en effet née Société d'Amis du MNAAO dont les collections ont émigré au Musée du Quai Branly.
Association pour le Développement des Echanges Interculturels au Musée des arts d'Afrique et d'Océanie Tout a commencé le 17 octobre 1984. C'est une belle aventure dont nous voudrions rappeler ici les principaux jalons à l'intention de ceux qui ne l'ont pas vécue et pour remercier tous ceux qui y ont apporté leur concours avec passion, dévouement et désintéressement. A l'époque, le superbe établissement de la Porte Dorée, inauguré en 1931 à l'occasion de l'Exposition coloniale, semblait bien oublié par les pouvoirs publics, même si André Malraux avait décidé, alors qu'il était Ministre d'Etat chargé des Affaires Culturelles, de donner au MAAO une vocation esthétique (le Musée de l'Homme étant consacré à l'ethnologie). Dès le début des années quatre-vingts, le besoin avait été ressenti tant par la Direction des Musées de France que par Henri Marchal, alors Conservateur en chef du MAAO, de rendre son lustre d'antan à ce musée afin d'attirer un public autre que celui des enfants des écoles allant visiter l'aquarium tropical alors le deuxième d'Europe et ses célèbres crocodiles ! L'idée de confier cette mission à une association s'était donc imposée à tous les intéressés. Les trente-deux personnes qui ont créé l'ADEIAO en cet automne 1984 et conduit ses premiers pas pouvaient-elles imaginer que près de mille adhérents pourraient un jour la rejoindre ? Parmi les figures pionnières de la jeune association, Lucette Albaret, férue d'art contemporain, en devint rapidement la Présidente. A l'Assemblée générale constitutive, Dominique Charvet, alors adjoint au Directeur des Musées de France, avait défini l'esprit de l'ADEIAO et les grands axes de son action. Elle devrait œuvrer autour de deux pôles. Le premier : des ateliers qu'il faudrait constituer en vue de faire connaître aux jeunes, par des travaux pratiques en relation avec les collections du musée, la culture des pays d'origine de l'immigration. Le second : des manifestations culturelles à concevoir et organiser, comportant des spectacles, des colloques, des publications, des expositions. Il avait enfin souligné le vœu de la DMF de voir l'ADEIAO affirmer sa spécificité et son originalité par rapport aux traditionnelles sociétés d'Amis de musées. En effet, il lui était demandé, d'une part, d'intéresser à leur patrimoine ancestral des communautés que l'histoire avait conduites en France, d'autre part, d'apporter un concours inhabituel à un musée qui manquait singulièrement de moyens. Dès sa première réunion, le 6 décembre 1984, le Conseil d'Administration, en concertation avec la DMF et le Conservateur du MAAO, dressait le bilan de situation au musée et faisait les constats qui allaient inspirer et orienter son activité. Le compte-rendu de séance notait parmi les principales difficultés rencontrées pour accroître le public et assurer le rayonnement du MAAO, l'absence de salles d'expositions temporaires. Le Conseil relevait également la pauvreté des moyens en matériels et la faiblesse des moyens en personnel. Enfin, les effectifs de l'équipe de conservation étant très réduits, la direction scientifique des programmes s'avérait très problématique... Pour les personnels techniques et ouvriers la situation n'offrait pas davantage de possibilité. Les obstacles, on le voit étaient nombreux, la mission ardue mais exaltante. La première préoccupation de la naissante ADEIAO fut donc, très prosaïquement et très concrètement, de faire appel à l'activité bénévole des membres du Bureau et de trouver les moyens financiers et autres, indispensables au lancement des activités. La tâche fut rude et nécessita une grande opiniâtreté. La totalité des subventions obtenues, principalement du Fonds d'Action Sociale (FAS), de la DMF et, occasionnellement, de la Ville de Paris, a dès lors été affectée aux ateliers d'expression, dirigés par Liliane Schwartz, conservateur au musée, dont les activités, originales et exemplaires selon un dirigeant de l'UNESCO, ont connu un grand succès auprès des enfants et, par la suite, des adultes. Restaient encore à financer les manifestations programmées et l'achat de matériel. Les cotisations des adhérents étant insuffisantes, le Bureau s'est adressé à un certain nombre d'organismes (GMF, Fondation FNAC, Air Algérie, etc.) pour aider à monter des expositions temporaires. Discrètement, modestement, mais efficacement, quelques adhérents de bonne volonté contactaient les artistes, plantaient les clous, accrochaient les tableaux. La Réunion des Musées Nationaux, de son côté, avait accepté de reverser une partie du prix des entrées pendant les expositions montées et financées par l'ADEIAO pour lui permettre de poursuivre et même multiplier les activités. Rapidement le musée a pu rénover et aménager une vaste salle réservée aux expositions. L'Association a pu au fil des ans, acquérir des matériels divers pour les ateliers, pour les manifestations culturelles du Musée, pour des animations. Citons, sans que la liste soit exhaustive, des livres pour la bibliothèque du musée, des instruments de musique et des objets d'art pour les ateliers, des appareils sophistiqués de photographie, de projection, de sonorisation, des humidificateurs, des vitrines pour les expositions, des cartes postales anciennes pour la section Maghreb, des objets ménagers pour les réceptions... Ces tâches obscures, ingrates, mais indispensables, ont nécessité beaucoup de temps et mobilisé les énergies pendant la période héroïque des premières années. Héritier du Musée des Colonies, puis du Musée de la France d'Outre-Mer, le MAAO ne pouvait qu'être marqué par son passé. Il nous avait paru essentiel, sans renier en rien l'histoire, d'orienter les activités de l'ADEIAO vers les sociétés actuelles et l'art vivant du Maghreb, de l'Afrique noire et de l'Océanie. En révélant des artistes contemporains, nous espérions tout à la fois montrer leur créativité et leur donner leur juste place aux côtés de leurs pairs européens. C'était aussi notre manière de lutter contre l'ignorance qui engendre bien souvent le racisme. Ces objectifs nous paraissaient d'autant plus impératifs que le Musée n'avait pas de section d'Art contemporain. Enfin, cette orientation avait le double avantage d'élargir les centres d'intérêt offerts à un public nouveau et de ne pas interférer dans le champ des sections existantes. C'est dans ce contexte que l'ADEIAO a organisé au MAAO dès 1985 de nombreuses expositions. Pour la première fois en France, une association s'exprimait par des expositions d'art contemporain africain. Bien souvent, nous avons pu à cette occasion, acquérir par des achats ou des dons des œuvres qui constituent le patrimoine de l'ADEIAO, deuxième volet majeur de son action en faveur de la création contemporaine.
Association pour la Défense Et l'Illustration des arts d'Afrique et d'Océanie En 1996, l'ADEIAO fut contrainte de quitter le MNAAO, son musée de tutelle mais elle ne baissa pas les bras. Une magnifique opportunité s'offrit à elle : l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales où se situe désormais son siège social. C'est bien grâce à l'accueil confiant et chaleureux du directeur du Centre d'Etudes Africaines de l'EHESS, Jean-Pierre Dozon et à l'accord du président de l'EHESS, Jacques Revel, que nous avons pu maintenir le cap, grâce aussi à la générosité et à l'aide logistique de Maurice Aymard, administrateur de la MSH qui a bien voulu accueillir notre collection dans ses locaux. Maintenir notre cap, c'est-à-dire continuer, malgré l'absence du soutien du musée et des organismes de subventions, à encourager la création plastique contemporaine. Notre activité première fut d'organiser des expositions dans le hall de la Maison des Sciences de l'Homme, bel espace au cœur de Paris, ouvert sur un lumineux jardin. Ces expositions furent souvent, comme auparavant accompagnées d'un catalogue « le Cahier de l'ADEIAO », témoin de notre pérennité, petit ouvrage bien illustré et pour lequel universitaires ou artistes ont bien volontiers prêté leur plume. Une vingtaine d'expositions avaient été mises sur pied au MNAAO, une vingtaine ont suivi à l'EHESS. Depuis lors nous n'avons cessé de faire sortir de nos réserves notre collection et de la déployer tant en France (Clermont-Ferrand, Bordeaux, Nantes, Saint-Hilaire de Riez, Laval...) qu'à l'étranger : Japon, Belgique, Allemagne. En même temps, nous invitions de nombreux artistes extérieurs à notre collection à participer à ces manifestations collectives tels Guermaz, Bella Duarte, Moke et Chéri Samba, Michaël Bethe Selassié, Diagne Chanel, William Sagna... Autre activité liée à une meilleure connaissance des artistes plasticiens : les visites d'ateliers ou les voyages qui ont laissé un grand souvenir à tous ceux qui y ont participé : la Tunisie, le Maroc où de nombreux peintres nous ont ouvert leur atelier, Tervuren près de Bruxelles où nous avons visité à deux reprises le Musée Royal de l'Afrique Centrale, Marseille enfin, qui nous a offert, en dehors de ses très intéressantes collections du MAAOA, le rare plaisir d'admirer une superbe exposition de peintures aborigènes d'Australie. |