Vohou-VohouVohou-Vohou : expression gagou ou gouro (Centre-Ouest de la Côte dIvoire) signifiant « bruissement de feuilles darbres, pêle-mêle, nimporte quoi placé nimporte où » (daprès le mémoire de maîtrise dArts Plastiques à lUniversité Paris I présenté par NGuessan Kra, 1992-1993). La collection des œuvres des peintres « vohou-vohou » avait été rassemblée par Jacques Yankel, professeur à lEcole des Beaux-Arts avec son assistante Véronique Wirbel. Nous livrons ici des extraits du texte de préface, rédigée par J.Yankel, du Cahier de l'ADEIAO n°1 - Arts Africains Sculptures dhier - Peintures daujourdhui (1985) (épuisé). ... « Les premiers peintres (africains) de la nouvelle génération débarqués à Paris à lEcole des Beaux-Arts vers 1970 apportaient avec eux des tableaux conçus dans leurs pays respectifs avec des supports utilisés de tous temps par leurs ancêtres : cette "sparterie", étoffe fruste, épaisse, de couleur ocre ou brune, fabriquée à partir de la matière ligneuse des arbres, de lécorce battue, quon appelle le tapa. Une seconde catégorie de peintres venus à Paris un peu plus tard pratiquaient un art plus diversifié, abandonnant les matériaux traditionnels africains et utilisant les toiles et couleurs du commerce. Parmi ceux-ci : Ouattara, Dia, Samir, Trah Bi »... 1972, Ecole des Beaux-Arts d'Abidjan : Les élèves de l'atelier du Professeur Serge Hélénon découvrent, grâce à ce dernier, le courant "Négro-Caraïbes" et le collage de matériaux bruts. Voisins de l'atelier d'architecture, ils en dérangent par leurs bruits de marteaux, maillets, scies... les sérieux élèves qui, moqueurs, les apostrophent en ces termes : "vous ne faites pas de la peinture ! vous faites du vohou-vohou !" « A l'inverse de toutes les grandes tendances de l'Histoire de l'Art, le Vohou-Vohou n'est pas une école et encore moins un style, mais
plutôt un esprit. Non un esprit de révolte comme de dadaïsme, mais un cri d'alarme à l'image de la négritude. « Le Vohou-Vohou ne refuse pas la culture venue de l'Occident. Au contraire, il l'associe à la sienne... Chacune des civilisations doit savoir exister en harmonie avec les autres, mais non disparaître au profit des autres, ni les combattre, encore moins les mépriser ou les opprimer. » D'après le mémoire de Maîtrise d'Arts Plastiques à l'Université de Paris I, Panthéon-Sorbonne |