SouwèreAvec la peinture sous verre, le Sénégal fait son entrée dans un art novateur, populaire, figuratif. Apport de dimension modeste, mais de portée esthétique et documentaire incontestable. La tradition de la peinture sous verre, souvent dénommée « fixé sous-verre » ou, en wolof « souwère », est solidement établie depuis des temps immémoriaux avant de parvenir au Sénégal. Elle semble y avoir pénétré dans la dernière décennie du XIXe siècle, début XXe pour transmettre le message dAllah. Si les thèmes se réclament au départ de lIslam (histoire dAli, épopée de la conquête arabe, confréries, écoles coraniques...), ils vont rapidement évoluer vers des sujets profanes : scènes de la vie quotidienne, illustration de contes moraux, de fables, portraits, autant de témoignages traités avec verve et fraîcheur dans un style linéaire aux coloris francs déposés en de brillants aplats. Citons parmi les plus fameux peintres de souwères de notre temps : Gora Mbengue, Babacar Lô, Alexis NGom, Ibrahim Sall, NDiaye Magatte. NDiaye Magatte fait partie dune jeune génération qui séloigne des thèmes traditionnels pour nous faire entrer dans un univers très contemporain, surréaliste, proche des grandes conquêtes du XXe siècle occidental. La technique : Le verre est ici support et élément protecteur de la peinture qui est vue par transparence. Limage est peinte à rebours et inversée : la signature est tracée en premier et à lenvers afin de rester lisible en surface ; les différents éléments du dessin sont colorés en aplats ; le fond est peint en dernier et recouvre lensemble de la plaque de verre, protégeant le couches précédentes. Les souwères anciens étaient peints à la gouache avec des pigments naturels ; les souwères récents le sont avec des peintures industrielles. Réf. Cahiers de lADEIAO n°4 - 1987. Textes et légendes de Henri Marchal, Pierre Gaudibert, Lucette Albaret, Michel Renaudeau, Michelle Strobel, Marie-Hélène Boisdur de Toffol |