Poto-PotoLEcole de peinture de Poto-Poto est née en 1950, à Brazzaville, dans un atelier-hangard, celui de Pierre Lods. Militaire de carrière, Pierre Lods est en poste au Congo lorsquil quitte larmée en 1949. Il envisage de sinstaller à Brazzaville comme peintre. Avec larrivée de Pierre Lods, les choses vont considérablement changer. On ne cherchera plus à reproduire la réalité, on va désormais la simplifier, la transformer même, quelquefois, sen écarter totalement. La méthode de Lods est simple : pas de cours, pas dinstruction ; en un mot, pas de méthode. Il suffit de laisser courir le pinceau sur la toile, au gré de sa propre fantaisie, au gré dune imagination quon se garde bien de brider au contact du monde extérieur. Pierre Lods souhaitait trouver des peintres qui nauraient jamais été au contact de lart pictural européen, et qui auraient la faculté dexprimer sur leurs toiles lessence profonde de lâme africaine. Le style dit « Mickey » est considéré comme le premier style dominant de lEcole. Inauguré par Félix Ossali, ce style se caractérise par des formes schématisées, rudimentaires, réduites à lessentiel et rendues expressives par la fantaisie du mouvement. On y trouve surtout des scènes de genre, scènes de danse, de marché, de la vie quotidienne. (in Itinéraire des couleurs congolaises lécole de peinture de Poto-Poto, mai 2001, Espace Pierre Cardin, Paris. Exposition organisée par le Ministère de la Culture et des Arts de la République) Atelier d'un mécène : AlhadeffHomme daffaire et mécène, Maurice Alhadeff ouvre, dans les années 50 à Kinshasa (Congo), des ateliers dont le but était, dune part, de fournir aux peintres, sculpteurs et céramistes zaïrois du matériel de travail et de la documentation sur lart moderne, et, dautre part, de commercialiser leurs créations. Moyennant un salaire mensuel forfaitaire, les producteurs sengageaient à remettre à Maurice Alhadeff, un nombre déterminé dœuvres par semaine. Cest ainsi quil contribua énormément à la constitution de nombreuses collections en Europe et aux USA. François Thango franchira le fleuve, passant de Brazzaville à Kinshasa, de l'Ecole de Poto-Poto à l'Atelier d'Alhadeff. (in Cahier de lADEIAO n° 10, 1991 Texte de Badi-Banga NE-MWINE Chef de la Section dArt Moderne à lInstitut des Musées Nationaux du Zaïre) |