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En 1994 l'ADEIAO fêtait ses dix ans. A cette occasion, elle dressait l'inventaire de sa collection, dans un catalogue : Art contemporain d'Afrique et d'Océanie. En 2004, l'ADEIAO fêtait son vingtième anniversaire et présentait un additif à ce premier catalogue. Son patrimoine a évolué en effet au cours des diverses expositions qui ont jalonné cette deuxième décennie. Nous n'avons jamais cessé de soutenir la nouvelle création des artistes africains, malgré la grande fracture de 1996, par des expositions mais aussi des achats d'œuvres contemporaines. Jusqu'à ce jour, pour avoir une photographie précise de notre patrimoine actuel, il convenait d'abord d'avoir en main notre catalogue de 1994, bien connu de nos adhérents. Nous devions en éliminer les œuvres qui faisaient alors partie de notre collection, mais en tant que dépôt du FNAC (Fonds National d'Art Contemporain). Elles sont indiquées en bas de page, avec la mention : dépôt FNAC. Nous les avons en effet restituées au FNAC lorsque nous avons quitté le MNAAO pour l'EHESS, en 1996. Aujourd'hui, nous présentons ci-après la totalité de notre collection dans un cadre évolutif qui nous permettra une mise à jour rapide au fur et à mesure de nos acquisitions. Formation de la collection : L'ADEIAO a pu constituer un important patrimoine : peintures, gravures, sculptures, photos, au cours de ses vingt trois années d'existence consacrées à la rencontre et à la promotion d'artistes contemporains issus du continent africain et aussi océanien. C'est son lieu d'origine, le MNAAO, qui l'a propulsée dans cette double orientation, mais elle a largement privilégié l'Afrique. La collection de l'ADEIAO s'est progressivement formée grâce à des opportunités, à la générosité de quelques artistes et à des choix bien délibérés. C'est grâce aux expositions, dont elle est l'heureux prolongement, qu'elle a pu commencer à prendre forme. Un regard rapide jeté sur la carte du continent africain, montre clairement que notre collection est loin de couvrir l'ensemble du territoire. Cela provient essentiellement de son mode de formation car la plupart des expositions se construisaient dans les pays francophones. Une autre source de nos acquisitions, fut la vente aux enchères organisée au MNAAO en 1988 au profit du FIDA (Fonds National de Développement Agricole) pour financer un projet en Afrique. Là, nous avons pu élargir notablement le cadre géographique de la collection vers l'Ethiopie, le Zimbabwe, la Guinée Bissau, le Cap Vert. En 1989 La Révolution Française sous les Tropiques nous a dotés de trois grandes œuvres d'artistes engagés sur ce projet : le Sénégalais Fodé Camara, le Haïtien Edouard Duval Carrié, le Français Philippe Nouail. Depuis 1996, notre patrimoine s'est enrichi au cours de nos diverses expositions d'un certain nombre d'œuvres présentées dans le catalogue de 2004. Nous avons étoffé les collections du Maghreb : Algérie (Mohamed Aksouh, Hamid Tibouchi), Tunisie (Nja Mahdaoui), Maroc (Mohammed Lagzouli), de l'Afrique subsaharienne : Cap-Vert (Manuel Figueira, Luisa Queiros), Zimbabwe (Anderson Mukomberanwa) et avons fait entrer le Pays dogon dans notre collection avec 32 dessins d'un artiste singulier, inconnu jusqu'à notre exposition de 1999 : Alaye Atô. Découvert par un de nos adhérents, Bernard Pataux, Alaye Atô est désormais entré au répertoire des artistes africains contemporains et a fait l'objet, en 2004, d'une exposition à Hambourg. D'autres œuvres, dons de généreux mécènes, sans être en relation avec nos expositions, sont désormais inscrites dans notre collection : une toile éthiopienne et deux tableaux ainsi que deux têtes en bois sculpté, congolais. A la valeur plastique de ses œuvres s'ajoute un intérêt historique certain, qu'il s'agisse de l'illustration des premiers pas de l'école Vohou-Vohou en Côte d'Ivoire (N'Guessan Kra en a fait le sujet de sa thèse dont nous vous livrons plus loin quelques extraits), ou de la présence des artistes fondateurs de l'école de Poto-Poto au Congo, de la révélation d'un dessinateur atypique : Alaye Kene Atô au Mali, de la technique des perles collées de Clemclem Lawson dans la pure tradition ancestrale de son pays, le Togo, ou encore d'un souwère sénégalais des premières années du XXe siècle... Nous soulignons aussi combien nous apprécions la présence dans notre collection d'une toile de Skunder Boghossian, les œuvres de ce peintre éthiopien récemment disparu, étant extrêmement rares en France. L'Afrique, mais aussi l'Océanie : Parmi les œuvres rares qui enrichissent notre patrimoine, nous sommes particulièrement heureux de compter trois toiles datées de 1990 qui s'inscrivent dans la tradition millénaire (50 000 ans !) des Paysages rêvés chez les aborigènes du Désert Central d'Australie : Lily Kelly Napangati, Georges Yapa Tjangala et Judy Napangati Watson, et aussi une encre de chine d'une artiste kanak de Nouvelle Calédonie. De Paris à BamakoLa Présidente de l'Association avait entrepris dès 1985, avec beaucoup de passion et d'opiniâtreté, de réunir un remarquable ensemble d'œuvres d'artistes de notre temps, espoir qu'une section d'art contemporain pourrait un jour s'ouvrir dans les salles du MAAO, notre patrimoine en constituant le premier noyau. Mais, en 1992, cette création fut jugée encore prématurée par la DMF qui répondait à notre offre de don : « Il s'agit de cultures en pleine mutation, à peine naissantes, et plutôt que d'intégrer ces collections au fonds propre du Musée, il est préférable de confier cette mission d'investigation en matière de création à une association en marge du Musée. » Dès 1996, avec la fermeture programmée du MNAAO, ce premier grand projet était définitivement abandonné. Mais l'ADEIAO n'a jamais cessé d'œuvrer dans la même direction, celle de voir un jour notre collection enrichir les cimaises d'un musée d'art contemporain. En 2005, l'avenir de la collection connaissait un nouvel avatar : le désamiantage programmé du bâtiment de la MSH, au 54 boulevard Raspail, dans lequel se trouvait la réserve de l'association, annonçait à terme la fermeture du refuge de sa précieuse collection. Dès cette date, l'ADEIAO s'est lancée dans de multiples démarches et procédures à la recherche d'un nouveau lieu d'accueil définitif et convenable. Ce ne pouvait être qu'un musée. Au sortir de nombreux contacts, c'est le Musée National du Mali à Bamako qui s'est imposé comme étant le lieu d'accueil le plus favorable, d'autant que son directeur, Samuel Sidibé, acceptait avec enthousiasme la totalité de la collection destinée à être le premier noyau d'une section d'art contemporain à caractère international, dont il nourrissait depuis longtemps le projet. Le vœu de l'ADEIAO était enfin exhaussé. Le musée de Bamako est beau et accueillant. Les invités présents aux derniers vernissages d'octobre et novembre 2008 (Les Afriques et L'Afrique du Nord) ont pu s'en convaincre au cours d'une video-projection commentée par Samuel Sidibé lui-même De plus il a su s'entourer d'une équipe de conservateurs et de chercheurs scientifiques qui jouissent d'une excellente réputation. Et c'est le 23 novembre 2008, que l'ADEIAO, non sans un certain pincement au cœur, verra sa collection, désormais propriété du Musée National du Mali à Bamako, prendre son envol vers un nouvel avenir plein de promesses. |