ADEIAO
Association pour la Défense Et l'Illustration des Arts d'Afrique et d'Océanie
ADEIAO - Association pour la Défense Et l'Illustration des Arts d'Afrique et d'Océanie

Expositions sous l'égide de l'ADEIAO ou avec une participation de l’ADEIAO :

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Baya, Saint-Hilaire de Riez

 

Aksouh-Tibouchi, petits formats, CEA-EHESS, Paris

L’ADEIAO a terminé l’année 2007 avec bonheur dans une brillante confrontation entre deux artistes d’origine algérienne, deux amis qui ont suivi des itinéraires différents mais qui se rejoignent dans leur intérêt commun pour l’abstraction et dans le souvenir, toujours présent, de leur pays d’origine.

Tous deux étaient présents, côte à côte, en décembre 2007, sur les cimaises de la MSH. Les « petits formats », thème de l’exposition, étaient accompagnés de quelques grandes toiles.

Mohamed Aksouh l’aîné, autodidacte, a exercé son métier de forgeron dès l’âge de 14 ans et cela, pendant 50 ans. Mais à 25 ans il commençait déjà à sculpter ou peindre. C’était en 1959. Depuis, il n’a jamais cessé de se livrer à sa passion pour les arts plastiques. Il appartient à la génération des années 30, celle des débuts de la non-figuration, ce qui fait de lui un pionnier de l’art contemporain en Algérie, synthèse de l’héritage arabo-musulman et des abstractions occidentales.

Grand admirateur et émule de Louis Nallard (Président du Salon des réalités nouvelles, présent au vernissage), coutumier d’une palette sombre, Mohamed Aksouh, présentait une grande toile peinte à l’huile. De loin elle apparaissait sombre, presque gris sur noir, lardée d’une pâte épaisse et luisante dont les aspérités accrochaient la lumière. Mais en s’approchant, on pouvait distinguer une subtile gamme de verts, de blancs ou d’ocres. Le tableau, sans titre, (Aksouh n’en met jamais) est une de ses dernières oeuvres, celles de l’Aksouh 2007.

Le peintre présentait aussi quelques huiles sur toile, plus anciennes. La pâte y figurait plus légère et mate, avec beaucoup de tons pastel, bleutés, souvenirs de la méditerranée.
Dans ses petits formats, Aksouh nous livrait de délicates aquarelles travaillées de touches, légères souvent parallèles, aux coloris clairs, lumineux qui se superposent, s’exaltant les unes, les autres.
On sent chez Aksouh le besoin, la nécessité même, de traiter indéfiniment le même thème, avec d’infimes variétés, faisant et reprenant sans cesse son ouvrage, dans une quête perpétuelle de l’esthétique idéale.

Hamid Tibouchi, à la fois peintre et poète, diplômé des arts plastiques de l’Université Paris VIII, s’est affirmé dans l’art de peindre, à son arrivée en France en 1981. Il s’était auparavant signalé dans l’écriture, alors qu’il résidait encore dans sa Kabylie natale, avec deux recueils de poèmes : Mer ouverte (1973) et Soleil d’herbe (1974), activité littéraire qu’il n’abandonnera jamais. « Je ne fais aucune différence entre la peinture et la poésie » dit-il, faisant siens les mots de Miro. Il travaille actuellement sur un recueil de textes Riens destinés à éclairer et compléter son activité de peintre.

Hamid Tibouchi dit, au contraire de Mohamed Aksouh, ressentir le besoin d’un renouvellement permanent comme Paul Klee, peintre qu’il admire tout particulièrement et qui, lui aussi, se renouvelait sans cesse.

Tibouchi présentait cinq longues bannières de polyester et une série de petits formats dont le point commun semblait être la calligraphie. Mais il ne faut surtout pas prononcer ce mot pas même celui de signes. Pour Tibouchi, ce sont des traces.

Il nous avait habitué à une palette restreinte aux couleurs naturelles sable et terre, avec quelques rehauts de brou de noix ou d’encre noire, dans le souvenir des poteries et des murs de l’habitat berbère. Dans le cadre de l’exposition il présentait une soixantaine de petits tableaux, dans une large gamme de coloris, bleu outre-mer, jaune vif ocre rouge...

Le peintre aime aussi rapprocher ses œuvres des palimpsestes, parchemins sur lesquels on écrit, on efface, on écrit à nouveau, accumulation de vécu, image symbolique de l’homme...
Il n’utilise jamais de belles toiles tendues sur châssis. Son support est fait de cartons usés, de vieux morceaux de tissu, matériaux de rebut qui portent en eux les traces de leur vie antérieure.

Tibouchi aime nous surprendre. Pour la première fois il introduisait avec bonheur dans ses petits formats et dans une série de diptyques, à côté de ses traces, des arbres, un miroitement d’eau, une maison...

Il se dit peintre de l’hétérogénéité. S’il garde en lui la mémoire profonde de sa jeunesse kabyle, il s’ouvre à tous les courants, ses regards se tournent vers tous les horizons.
Dans la série des bannières blanches, il a porté ses regards vers l’Extrême-Orient. Muni d’un pinceau chinois, il a dessiné de longues lignes ondulantes à l’encre et à l’acrylique, au tracé ferme et sans repentir.

Association pour le Développement des Echanges Interculturels au Musée des Arts d'Afrique et d'Océanie